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Association
des Bibliothécaires
de France

Portrait de bibliothèques par les bibliothécaires en 3 questions

​Le groupe vous présente le premier épisode de sa série : Portrait de bibliothèques par les bibliothécaires en 3 questions. Pour inaugurer cette série, nous vous invitons à découvrir la médiathèque Le Polygone, à Avallon, à travers ce premier entretien de Damien Leroux son directeur.



ABF : Si votre bibliothèque était un élément naturel, ce serait quoi ?

Damien Leroux : Si je devais choisir un élément naturel, je répondrais la forêt, une vraie forêt naturelle. D'abord parce qu'on est dans le Morvan, une zone très boisée. Mais aussi, et ce que je dis vaut pour la bibliothèque d'Avallon comme pour toutes les bibliothèques, parce qu'elle est foisonnante : biodiversité, côté nourricier, côté refuge aussi. Un lieu où l'on peut se balader. Quand tu vas en forêt, tu ne vas pas forcément cueillir des champignons ; tu peux y aller simplement parce que tu n'as rien d'autre à faire. C'est un peu ce qu'on aime ici, dans cette bibliothèque : il y a des gens qui ne viennent pas pour lire, et c'est très bien ainsi. D'autres viennent juste discuter après le marché, ou parce qu'il pleut. C'est ce côté refuge qui fait écho à la médiathèque d’Avallon.

ABF : Si votre bibliothèque était un plat ? 

Damien Leroux : Non, ce n'est pas le boeuf bourguignon en tant que tel ! J'ai dit bourguignon parce qu'on est en Bourgogne mais c'est un plat en sauce, un plat qui mijote longtemps. Ce que je veux souligner, c'est le côté plat infusé, long. On le voit tous les jours : la culture, ce n'est pas un truc : ON/OFF. C'est un travail de longue haleine. Les choses évoluent forcément au fil du temps : des idées arrivent et infusent, embryonnaires à une époque, elles deviennent importantes à une autre.

ABF : Si votre bibliothèque était un animal ?

Damien Leroux : Moi, je te dirais bien un ours blanc. Dans mon imaginaire, et dans mon imaginaire d'enfant, c'était une figure rassurante. Le côté peluche (on sait très bien que ce n'est pas vrai, mais ce n'est pas grave) L'ours blanc, tout le monde le reconnaît : c'est un animal rare, mais pas rare du tout dans les imaginaires. Et je pense que la bibliothèque a un peu ce côté-là. C'est un lieu à la symbolique forte, un lieu qu'il faut protéger, comme les ours blancs. Dans ma pratique, c'est un lieu réconfortant. je me souviens, quand j'étais gamin, être allé dans une bibliothèque et y avoir découvert plein de BD, sans être jugé sur ce que je lisais. Voilà ce côté réconfortant.